Leishmaniose chez le chien : symptômes, transmission et traitement
La leishmaniose est une maladie parasitaire chronique du chien, causée en France surtout par Leishmania infantum. Elle peut toucher la peau, les reins, les yeux et plusieurs organes. Sans prise en charge, son évolution peut être grave.
Le parasite est transmis par un petit insecte piqueur, le phlébotome. Les chiens vivant ou séjournant dans les zones à risque doivent bénéficier d’une prévention adaptée avec leur vétérinaire.
Comment la leishmaniose se transmet-elle ?
Une femelle phlébotome infectée transmet le parasite en piquant le chien pour se nourrir de sang. Les phlébotomes sont surtout actifs du printemps à l’automne, entre le crépuscule et l’aube, lorsque les nuits sont douces.
La maladie est historiquement présente sur le pourtour méditerranéen, mais son aire progresse dans plusieurs régions françaises. Un séjour dans le Sud, en Espagne, au Portugal ou en Italie peut exposer un chien non protégé.
La transmission directe d’un chien à un autre est rare dans les conditions habituelles. La leishmaniose est une zoonose : l’humain peut être infecté par le même vecteur, mais un chien malade ne transmet pas directement la maladie à son entourage par les caresses, la salive ou les selles.
Quels symptômes doivent alerter ?
Les signes peuvent apparaître plusieurs mois, voire plusieurs années après une piqûre infectante. Ils varient beaucoup selon le chien et la forme de la maladie. Certains animaux infectés restent sans symptôme pendant longtemps.
- fatigue, baisse d’appétit, amaigrissement ou fièvre intermittente ;
- perte de poils, pellicules, plaques, croûtes ou ulcères, surtout autour des yeux et sur le museau ;
- griffes qui poussent anormalement vite et se déforment ;
- ganglions augmentés de volume, saignements de nez ou boiteries ;
- soif et urines plus abondantes, pouvant révéler une atteinte des reins ;
- rougeur, douleur ou opacité de l’œil.
Une perte de poids, des lésions cutanées persistantes ou une augmentation de la soif justifient une consultation vétérinaire rapide. Ces signes peuvent aussi avoir d’autres causes : seul un bilan permet de les interpréter.

Comment le vétérinaire confirme le diagnostic ?
Le vétérinaire commence par l’examen clinique et l’historique du chien : région de vie, voyages, période d’exposition aux insectes et traitements préventifs. Il prescrit ensuite des analyses adaptées au tableau observé.
Une prise de sang peut rechercher des anticorps dirigés contre le parasite. Une numération-formule sanguine, un bilan hépatique et rénal, ainsi qu’une analyse d’urine évaluent les conséquences de l’infection, notamment la présence de protéines urinaires.
Dans certains cas, une PCR détecte l’ADN du parasite dans un prélèvement. Un test positif doit toujours être mis en relation avec les symptômes et les résultats biologiques : il peut révéler une infection sans maladie active.
Quel traitement pour un chien atteint ?
Il n’existe généralement pas de traitement qui élimine avec certitude tous les parasites. Les médicaments visent à réduire leur charge, à contrôler les symptômes et à protéger les organes, surtout les reins.
Les protocoles associent souvent l’allopurinol à un médicament antiparasitaire, selon l’état du chien, ses analyses et les recommandations du vétérinaire. La durée, les doses et la surveillance diffèrent d’un animal à l’autre.
Un suivi sanguin et urinaire régulier est indispensable pendant puis après le traitement. Une alimentation ou une prise en charge spécifique peut être proposée en cas d’insuffisance rénale. Le pronostic dépend largement de l’atteinte rénale au moment du diagnostic.
Prévenir les piqûres de phlébotomes
La prévention repose d’abord sur des produits répulsifs vétérinaires efficaces contre les phlébotomes, comme certains colliers ou pipettes. Leur choix dépend du poids, de l’âge, du mode de vie et de la présence éventuelle de chats au foyer.
- appliquer le produit avant la saison à risque et respecter sa durée de protection ;
- garder le chien à l’intérieur au coucher et au lever du soleil lors des séjours exposés ;
- installer des moustiquaires à mailles fines si nécessaire ;
- discuter de la vaccination avec le vétérinaire pour les chiens vivant en zone d’endémie.
La vaccination peut réduire le risque de développer la maladie clinique chez certains chiens, après un dépistage négatif. Elle ne remplace pas un répulsif : le chien vacciné peut encore être piqué et infecté.
Leishmaniose chez le chien : agir tôt et suivre dans la durée
La leishmaniose demande une vigilance durable, car un chien traité peut connaître une rechute. Une consultation précoce devant des signes évocateurs améliore les chances de préserver sa qualité de vie et sa fonction rénale.
Pour un chien qui voyage ou vit dans une zone exposée, le bon réflexe consiste à prévoir la protection antiparasitaire avant la saison des phlébotomes. Le vétérinaire établit ensuite un calendrier de dépistage et de suivi adapté à son risque réel.
