Conjonctivite chez le chien et le chat : symptômes, causes et traitements
Une conjonctivite chez le chien ou le chat correspond à une inflammation de la conjonctive, la fine membrane qui recouvre le blanc de l’œil et l’intérieur des paupières. L’œil rouge, qui coule ou reste mi-clos doit être pris au sérieux : plusieurs causes, parfois urgentes, donnent des signes proches.
Un rinçage avec un produit adapté peut soulager en attendant un rendez-vous, sans remplacer l’examen vétérinaire. Les collyres destinés aux humains, les restes de traitement et les préparations maison peuvent aggraver une lésion ou masquer son évolution.
Quels signes évoquent une conjonctivite ?
La conjonctivite peut toucher un seul œil ou les deux. L’animal cligne souvent des yeux, se frotte le visage avec la patte ou contre les meubles, et supporte moins bien la lumière. Chez le chat, ces signes peuvent rester discrets au début.
- rougeur du blanc de l’œil ou de l’intérieur des paupières ;
- larmoiement clair, sécrétions épaisses jaunes ou verdâtres, croûtes ;
- paupières gonflées ou œil collé au réveil ;
- troisième paupière visible ;
- démangeaisons, gêne, douleur ou œil maintenu fermé.
Un œil fermé, trouble, bleuté, très douloureux, gonflé après un choc ou accompagné d’une baisse de forme justifie une consultation vétérinaire le jour même. Une atteinte de la cornée, un glaucome ou un corps étranger peuvent ressembler à une simple conjonctivite.
Les causes fréquentes chez le chien et le chat
Les poussières, le sable, le shampoing, la fumée ou un petit débris végétal irritent la surface de l’œil. Une allergie aux pollens, aux acariens ou à certains produits d’entretien peut aussi déclencher des rougeurs et des démangeaisons, souvent sur les deux yeux.
Des bactéries, des virus ou, plus rarement, des parasites peuvent être en cause. Chez le chat, le coryza félin peut s’accompagner d’une conjonctivite, d’éternuements et d’écoulements nasaux. La contagion dépend alors de l’agent responsable : elle ne concerne pas toutes les conjonctivites.
Certains animaux y sont plus exposés. Les races au museau court, comme le bouledogue français, le persan ou l’exotic shorthair, ont parfois des yeux plus saillants ou des larmes qui s’évacuent mal. Des cils mal implantés, une paupière retournée ou un canal lacrymal obstrué entretiennent aussi l’irritation.

Comment le vétérinaire pose le diagnostic
Le vétérinaire examine les paupières, la conjonctive, la cornée et la qualité des sécrétions. Il peut rechercher un corps étranger, vérifier la production de larmes et colorer l’œil avec de la fluorescéine : ce colorant met en évidence un ulcère de la cornée.
Selon les signes, un prélèvement oculaire ou d’autres examens peuvent être utiles. Cette étape évite d’utiliser un collyre inadapté, notamment un produit contenant des corticoïdes. En cas d’ulcère cornéen, ces substances risquent de retarder la cicatrisation et d’aggraver la lésion.
Quel traitement pour une conjonctivite animale ?
Le traitement dépend de la cause. Le vétérinaire peut prescrire un collyre lubrifiant, antiseptique, antibiotique, antiviral ou anti-inflammatoire, parfois associé à un traitement par voie orale. Une anomalie des paupières, des cils ou des voies lacrymales peut demander une prise en charge spécifique, voire une chirurgie.
Respectez la dose, la fréquence et la durée indiquées, même si l’œil paraît vite moins rouge. Lavez-vous les mains avant et après les soins, puis nettoyez doucement les sécrétions avec une compresse stérile et du sérum physiologique. Utilisez une compresse distincte pour chaque œil afin de limiter la contamination.
Gestes à éviter
- ne pas mettre de collyre humain, d’antibiotique restant ou de gouttes vasoconstrictrices ;
- ne pas utiliser de camomille, thé, eau du robinet ou huiles essentielles dans l’œil ;
- ne pas forcer l’ouverture d’un œil douloureux ;
- éviter que l’animal se gratte : une collerette peut être conseillée.
Peut-on prévenir les récidives ?
Un entretien doux du contour des yeux aide les animaux qui larmoient beaucoup. Après une promenade dans les hautes herbes, contrôlez les yeux et les paupières sans tenter d’extraire un épillet profond. Écartez aussi les produits irritants lors du bain et évitez la fumée dans les pièces de vie.
Pour un chat atteint de coryza ou d’une infection oculaire contagieuse, limitez les contacts étroits avec les autres chats et ne partagez ni linge ni gamelle sans les nettoyer. La vaccination recommandée par le vétérinaire réduit le risque de certaines infections respiratoires félines, sans couvrir toutes les causes de conjonctivite.
Conjonctivite chez le chien et le chat : ce qu’il faut retenir
Une rougeur ou un écoulement oculaire mérite un avis vétérinaire, surtout si l’animal souffre, garde l’œil fermé ou si l’aspect de l’œil change. Une consultation précoce protège la vision et permet d’adapter le traitement à la cause réelle. Gardez enfin l’ordonnance et la facture : selon le contrat, une mutuelle animale peut prendre en charge une partie des soins vétérinaires liés à cette affection.
